Jusqu’au bout

Passer, indifférents,
Aux portes des prisons
Et courir insouciants
Après les papillons...
Sans penser qu'en dedans
Il y a tant de blessures
Et qu'on peut, en aimant,

Fair' sauter les serrures?
Voir des femmes souffrir
À force de mépris,
Sans manger, sans dormir,
Sans rien pour leurs petits...
Passer près de leurs puits
Sans boir' de leurs nouvelles
Et sans avoir pétri
Leurs espoirs avec elles!


Grimper les escaliers,
Descendre dans les rues
Aux cris des opprimés,
Des pauvres et des exclus!
Mettre un point sur les "i"
Et un poing sur la table
Pour défendre la vie
Où la vie se dégrade!

Partager le bonheur
Autant qu'on le reçoit
Et mettre tout son cœur
À tout bien quel qu'il soit!
Opposer sans pudeur
La vraie béatitude
Aux folies des grandeurs
Aussi vides qu'absurdes!


Quand, tout autour de nous,
Se creuse le fossé,
D'un côté, trop de sous,
De l'autre, pas assez...
Que l'épaule à la roue,
Sans craindre les insultes,
Nous nous tenions debout
Pour des luttes si justes!

Au-delà des discours
Et des souhaits trop pieux...
Inventons, sans détours,
Une route pour Dieu!
Redonnons à l'amour
Ses lettres de créances
Pour rendre compte un jour
D'une telle espérance!


Jusqu'au bout de la vie, jusqu'au bout de l'amour,
Gardant toujours cette force tranquille
Qui libère la vie, qui libère l'amour,
Au jour le jour, à force d'Évangile... Jusqu'au bout!